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26 mars 2007

Les poupées en Afrique

Suivant les ethnies la poupée tient un rôle différent et possède une fonction sociale bien définie :

La fécondité féminine est la base de la société africaine en assurant, au-delà de la famille, la survie et la continuité de la communauté.
Les cultes ayant pour but la fécondité des femmes sont donc nombreux, et pour favoriser la grossesse et surtout afin qu’elle se déroule sans problème, des représentations féminines stylisées sont souvent utilisées.

La plus connue la poupée Ashanti ( Ghana) appelée Akwaba

Elles représentent de façon très stylisée les formes du corps féminin. La composition de ces statuettes est toujours la même : une tête en forme de disque surmonte un long cou annelé et un corps schématique de forme cylindrique avec des seins saillants. Deux prolongements horizontaux, plus ou moins coniques, figurent les bras. Elles sont souvent ornées de perles;
Poupées réputées pour favoriser la fertilité des femmes elles sont portées dans le dos par les jeunes filles avant le mariage Il s’agit de poupées, ou plus précisément, d’effigies sacrées, “liturgiques”, qui figurent la beauté féminine. Elles sont sculptées avec un très grand soin, parées d’ornement et même habillées.
Selon les ethnies leur rôle peut parfois être sensiblement différent :
Ainsi aux Akwaba des Ashanti et des Fante on demandera d’accompagner la grossesse jusqu’à son terme. Les femmes enceintes les portent sur le dos, enroulées dans leur vêtement. Leur fonction est également de favoriser la naissance d’un bel enfant qui aura les qualités esthétiques de la statuette : une belle tête, un long cou. Après avoir joué leur rôle, les Akwaba sont souvent placées sur les autels.
Les Akwaba sont des effigies féminines, les femmes Akan étant particulièrement désireuses d’avoir une fille pour assurer la descendance familiale.
Les Nyeleni des Bambara sont sollicitées pour aider la jeune femme à concevoir lors de la première grossesse.
Les Biga des Mossi ou “enfant” en more (dialecte burkinabé) ont un rôle similaire. C’est le père qui en fait don à sa fille pendant l’enfance, puis elle l’emporte au domicile de son mari, pour devenir mère à son tour. Elle s’en occupe alors comme d’un véritable nourrisson, allant jusqu’à le porter dans son dos en public. Lors de l’accouchement il recevra le premier les soins que le nouveau-né obtiendra à son tour après sa naissance ( il est lavé, massé au beurre de karité et installé près de la maman qui lui donne une goutte de lait).
Certaines parties du corps sont privilégiées : la tête, dont le visage est plus suggéré que sculpté et le torse, cylindrique, dont la poitrine est accentuée.
Les seins allongés évoquent la pratique habituelle chez les Mossi du massage des seins pour favoriser la lactation.
Enfin, l’absence de bras et de jambe est un trait stylistique fréquent

Sculptée par les forgerons Seya, artisans castrés du fer et du bois, la "poupée" biga (signifie enfant) est une effigie féminine de conception abstraite. Absence de bras et de jambes, seins géométriques, visage non figuré et coiffure en crête. Incisions sur la tête figurant les cheveux.
Lorsqu'une fille obtient de ses parents une biga pendant son enfance, elle l'emporte au domicile de son mari pour qu'elle devienne mère. Une épouse stérile peut aussi acheter une telle figurine dans l'espoir de devenir mère. Elle s'en occupe comme d'un enfant véritable. Il est considéré comme la réincarnation d'un représentant du monde invisible et susceptible de protéger le bébé contre les maléfices.

D’une ethnie à l’autre, on observe un certain nombre de similitudes entre les cérémonies rituelles, notamment dans leur déroulement. Il succède ainsi traditionnellement à une première étape qui voit la consécration des effigies, une seconde au cours de laquelle elles sont utilisées, et enfin une étape finale de désactivation.

Chez les Zamaro de Tanzanie, par exemple, les statuettes Mwana Hiti (“enfant de bois” en langue swahili) sont “chargées” lors de sacrifices qui ont pour fonction de les relier aux esprits des ancêtres à l’origine du clan paternel. La jeune fille une fois pubère est soustraite à la communauté et mise en isolement. Sa tante paternelle lui remet alors son “enfant de bois” que la jeune intronisée habille avec des morceaux de tissus prélevés à ses vêtements, décore de perles extraites de ses colliers et coiffe d’une touffe de ses propres cheveux. Ainsi paré, il devient l’objet de toute son attention : il est lavé, nourri, cajolé, comme s’il était son propre enfant. Enfin, lors des cérémonies de fin de retraite, l’initiée danse devant la communauté des femmes en exhibant fièrement son enfant de bois. La danse se termine par l’autodafé des vêtements et des cheveux de la statuette qui se trouve alors désactivée. Devenue poupée, elle est gardée par la mère qui l’offre parfois à sa première fille (H. Cole, 1989).

En Afrique du sud , les jeunes filles pendi confectionnent pendant leur initiation,ces poupées de perles. Elles sont sorties lors des cérémonies de la fertilité pour aider les mères sans enfants et honorer leur mères.Ces poupées représentent les enfants disparus.

pendant leur enfance, les fillettes jouent avec ,en avant goût de leur futur rôle de mère.

pendant la noce le fait de porter sa poupée signifie le désir d'être mère;Elle en prendra soin jusqu'à la naissance de son premier enfant qu'elle baptisera du nom de sa poupée

Poupée de fécondité Namji, Cameroun
Bois, perles, . Représentation d'un corps humain styliséc.
Ce n'est que récemment qu'ont été connues les "poupées" Namji, peuple de montagnards animistes vivant au nord du cameroun. Les forgerons les sculptent sans décorations pour le jeu des petites filles. Quand elles portent comme ici des ornements variés, elles sont portées par des femmes stériles dans l'espoir de devenir mère. Elle sont portées dans le dos, suspendues au cou, mais auparavant, pour leur donner pouvoir et efficacité, on s'en occupe comme d'un enfant véritable.



Poupée ham pilu Fali - Cameroun
Bois, perles, cuir, fibres, coquillages cauris, pièces de monnaie.
Quand un jeune Fali tombe amoureux, il fait une poupée en bois qu'il décore de colliers de perles et d'autres objets. Il l'offre à sa fiancée qui la porte dans un sac à bébé dans son dos. La poupée est un symbole de leur engagement d'union et représente leur futur enfant


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1 commentaire:

Diane Chehab a dit…

Votre site a un lien sur mon blog, dans un article en anglais sur les poupées d'Afrique. www.awayfromafrica.com/2010/01/welcome-to-african-dollhouse.html